17 octobre 2006

Petit lexique des biocarburants

Biocarburants :
Combustibles liquides ou gazeux utilisés pour alimenter des moteurs et produits à partir de la biomasse. Ils peuvent provenir de l'agriculture, de la sylviculture, de la transformation de produits animaux ou de la fraction biodégradable des déchets.
Il existe deux grandes filières de production de biocarburants dits de première génération :
- la filière éthanol, utilisé en direct ou transformé en ETBE (éthyl tertio butyl éther) pour les véhicules essences ;
- la filière des huiles végétales transformées en EMHV (esters méthyliques d'huiles végétales) pour les véhicules diesel.

Biodiesels :
Les biodiesels de première génération sont des esters (voir ci-après EMHV, EEHV, EMHA).

Bioéthanol  :
Biocarburant provenant de la fermentation des sucres issus de céréales et de plantes sucrières. En Europe, il peut être utilisé en mélange à de l’essence jusqu’à 5% à condition de respecter les spécificités des carburants.

Biogazole de synthèse : "Procédé NExBTL"
Biodiesel de seconde génération de haute qualité, synthétisé à partir d’huile végétale et de graisses animales. Il peut être utilisé directement et sans limite dans la filière gazole.

Biomasse :
Ensemble des matières organiques issues du vivant accessibles sur une base renouvelable durable : cultures dédiées (forêts, céréales, oléagineux, etc.), co-produits et résidus de ces cultures (pailles et tiges, résidus forestiers), résidus de diverses activités (papeteries, scieries, palettes, certains types de déchets industriels et ménagers).

BTL : "Biomass to liquid"
Transformation de la biomasse en hydrocarbures liquides en passant par une étape de gazéification. En fonction des matières premières disponibles et du type de débouchés visés (gazole Fischer-Tropsch, méthanol, DME), différentes options techniques sont envisageables à chacune des étapes (prétraitement, gazéification, purification et valorisation du gaz de synthèse). Il existe donc potentiellement de multiples combinaisons du BTL.

Esters
- EMHV : esters méthyliques d'huiles végétales
Ester obtenu par réaction du méthanol avec une huile végétale. Il peut être utilisé pur dans des véhicules adaptés ou mélangé au gazole à hauteur de 5%, voire de 30 % pour des flottes captives. En Europe, l'EMHV est produit essentiellement à partir de colza et, dans une moindre mesure, de tournesol. Il peut aussi être fabriqué à partir d'autres végétaux tels que la palme ou le soja.
- EEHV : Ester éthylique d'huiles végétales
Obtenu en remplaçant le méthanol par de l'éthanol dans le processus de fabrication. Procédé innovant en attente de développement industriel.
- EMHA : Ester méthylique d'huile animale
Obtenu en remplaçant l'huile végétale par de l'huile issue des graisses animales (filière équarrissage). Filière industrielle inexistante en France, mais déjà présente dans certains pays européens et Outre-Atlantique.
- ETBE : Ethyl tertio butyl éther
Produit obtenu par synthèse à partir de bioéthanol et d'isobutylène. En Europe, il peut être utilisé en mélange avec de l'essence dans une proportion allant jusqu'à 15 %, sans poser de problème de sécurité ni de logistique.

Éthanol
Alcool éthylique d’origine agricole (blé, betterave, topinambour...) utilisé comme biocarburant.

E-85
Mélange contenant jusqu’à 85% d'éthanol et au minimum 15% d'essence en volume ; il peut être utilisé dans des véhicules adaptés dits Flex Fuel.

Flex fuel ou Flexible fuel vehicle (FFV) :
Véhicule modifié pour accepter de l’éthanol à forte teneur, sans risque de corrosion ; la technologie moteur permet en effet de rouler indifféremment avec toutes les concentrations d'éthanol comprises entre 0 et 85%, grâce à des capteurs qui permettent de réguler la carburation.

Méthanol
Alcool obtenu par synthèse chimique après gazéification de produits carbonés, en particulier du bois. Il peut être utilisé comme un carburant de synthèse.

Source : Total.com

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Comprendre les biocarburants

Un peu d'histoire

Les biocarburants sont des carburants d'origine végétale. Jusque dans les années 1950, ils représentaient une part non négligeable de la consommation mondiale. Ils ont ensuite été marginalisés par l’utilisation massive des carburants fossiles, alors beaucoup plus compétitifs. Depuis le milieu des années 80, les avantages qu’ils présentent (indépendance énergétique vis-à-vis du pétrole, réduction des émissions polluantes) suscitent un regain d’intérêt pour la filière, renforcé récemment par la flambée des cours du pétrole.

Les différents types de biocarburants (de première génération)

Biocarburants

Origines

Procédé de transformation

Filière d’incorporation

Huiles Végétales Brutes (HVB)

Plantes oléagineuses : colza, tournesol

Simple pressage

Diesel

Esthers Méthylique d’Huile Végétale (EMHV), appelés aussi Diesters ou Biodiesels

Plantes oléagineuses : colza, tournesol

Transformation chimique

Diesel

Ethanol, Bioéthanol ou son dérivé ETBE

Plantes contenant du sucre (betteraves, cannes à sucre) ou de l’amidon (blé)

Transformation chimique

Essence

Biogaz qui une fois purifié peuvent s’utiliser directement (GNV)

Toute matière organique

Fermentation sans oxygène

GNV


Les biocarburants sont utilisés en mélange dans les filières essence et diesel soit comme "bio-additifs" (ils sont alors associés en faible quantité : 2 % à 5 %), soit comme "bio-composant" (ils sont alors incorporés à hauteur de 30 %).

Mélanger les biocarburants aux carburants pétroliers classiques est plus efficace pour réduire les émissions de CO2 que d’utiliser des biocarburants purs. Cette dernière solution nécessiterait en effet d’apporter des modifications aux moteurs, alors qu’utilisés en mélange les biocarburants peuvent bénéficier immédiatement à la totalité des 30 millions de véhicules du parc automobile français.

Afin que l‘incorporation ne constitue pas un frein aux nouveaux développements de l’industrie automobile, ni une contrainte vis-à-vis du respect des normes environnementales et qu'elle n'implique pas un risque pour le fonctionnement du moteur, les taux de mélange ont été limités à 5 % en Europe.

On ne peut cependant pas ignorer la voie d'une utilisation dédiée de biocarburants dans des véhicules conçus à cet effet. Le Brésil développe depuis 2003 la filière "FFV" (Fuel Flexible Vehicle) qui peut fonctionner à tous mélanges entre 25 % et 95 % d'éthanol. Tous les constructeurs européens et nord américains présents au Brésil proposent des FFV (357 000 unités vendues en 2004). Même si les règlements antipollution brésiliens n'ont pas la sévérité de leurs homologues européens, cette voie constitue cependant une réponse à des situations particulières et mérite l'attention.

Avantages et inconvénients des biocarburants (de première génération)

Face au doublement prévu de la consommation de carburants dans les transports entre 2000 et 2030, soit une augmentation substantielle de gaz à effet de serre et des besoins en produits pétroliers, le développement des biocarburants constitue un enjeu important.

Avantages :

- Suivant les matières premières employées pour leur fabrication et leur taux d'incorporation, réduction des émissions de gaz à effet de serre de 15 % à 70 %.
- contribution à l'indépendance énergétique.
- Utilisation en mélange sans nécessiter le développement d’un réseau de distribution spécifique.
- Ouverture de nombreux débouchés non alimentaires très prometteurs pour l’agriculture.
- Création de nombreux emplois par le développement de la filière.

Inconvénients :

- Le coût des biocarburants demeure, en Europe, beaucoup plus élevé que celui des carburants fossiles.
- L’impact environnemental lié à la production et la transformation des plantes dont sont issus les biocarburants n’est pas encore bien évalué : surconsommation d'eau pour l'irrigation des cultures dans certaines régions, pollution des sols et nappes souterraines liée à l'utilisation d'engrais et de pesticides, déforestation (notamment constatée en Indonésie), méthodes de production gourmandes en énergie (souvent non renouvelable)...
- La concurrence avec les cultures céréalières dédiées à la production alimentaire.
- La production de quantités suffisantes pour répondre aux objectifs de consommation fixés à l’horizon 2008-2010 (voir ci-dessous) constitue un réel défi. Ainsi, pour atteindre l'objectif de 10% de biocarburants à la pompe d'ici 2010, le niveau nécessaire de production de la filière colza dépasse largement l'ensemble des terres disponibles. Des arbitrages seront donc nécessaires entre les productions alimentaires et énergétiques. En outre, les cultures destinées à l'essence (betterave, blé et maïs) seront en concurrence avec les cultures destinées au gazole (colza, tournesol, soja).

On ne peut donc pas à court et moyen terme miser sur les biocarburants de première génération pour atteindre l’autonomie énergétique.

Fiscalité 

Sur la base d'un brut à 95 dollars le baril (novembre 2007), le prix de revient des biocarburants devient plus économique que les carburants classiques. Néanmoins, même si le cours du pétrole chutait de 15-20 dollars, produire des biocarburants resterait attractif grâce aux subventions dont ils font l'objet : 0,25 €/litre pour les EMHV (biodiesels), 0,33 €/litre pour l'ETBE et l'éthanol.

Source : Extrait de l'article "Développer les biocarburants" publié sur CCIP.fr (1/03/2006) - dernière mise à jour  le 6/11/2007

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