31 octobre 2007
Etats-Unis : vers une crise de la filière éthanol ?
Sous prétexte d'indépendance énergétique, les Etats-Unis se sont lancés massivement dans la production d'éthanol, notamment dans les Etats du MidWest. Alors que le pays prévoit de multiplier par dix sa production d'ici 2020, les premiers signes d'une "bulle éthanol" commencent déjà à apparaître.
Les effets de la course à l'éthanol commencent à se faire sentir : augmentation du prix du maïs (à la grande satisfaction du lobby des producteurs), augmentation de celui des terres, recours à tous les types de maïs génétiquement modifiés pour augmenter les rendements, pression sur le soja qui pourrait être abandonné comme culture (indispensable) de rotation...
Certains experts commencent à évoquer le terme de "bulle éthanol" pour désigner ce phénomène, qui présente toutes les caractéristiques des bulles spéculatives. En effet, le coût de revient du maïs-éthanol ne devient intéressant que s'il est utilisé à proximité des lieux de production, les pompes distribuant de l'E85 sont en nombre insuffisant, et encore trop peu de véhicules sont équipés d'une motorisation flex-fuel. Pour l'instant l'éthanol est incorporé dans l'essence classique (dans l'Illinois, l'essence peut contenir jusqu'à 10% d'éthanol sans autre mention a la pompe).
Malgré le risque que le maïs devienne inabordable pour les consommateurs pauvres, les agriculteurs américains ne semblent pas s'inquiéter. Interrogé sur la question il y a plusieurs mois, Rick Tolman, président de l’Association nationale des producteurs de maïs, assurait que les agriculteurs avaient toujours "su réagir aux signaux envoyés par le marché en matière de prix" et qu'ils avaient "toujours rencontré davantage de problèmes de surproduction que de pénurie". D'ailleurs, selon lui, "Il n’y a pas de conflit entre les deux [utilisations du maïs, pour l’alimentation et pour le carburant], ni de crise en vue".
Convaincus que la demande en carburants verts va rester le moteur de l'agriculture à moyen terme et qu'il faut "assurer une présence" dans le MidWest, les producteurs d'éthanol (dont le groupe français Louis Dreyfus) poursuivent la construction de nouvelles usines. La question est maintenant de savoir si le bioéthanol à base de maïs restera longtemps le carburant alternatif de référence, alors que l'éthanol cellulosique (produit à partir des déchets du maïs), offre un bilan énergétique et économique bien supérieur.
Source : BE Etats-Unis / Infos de la Planète
30 octobre 2007
Le Portugal prévoit d'incorporer 10 % de biocarburants d'ici 2010
José Socrates, le Premier ministre portugais, a annoncé hier que le Portugal avait pour objectif de porter à 10 % la part des biocarburants dans les carburants d'ici 2010.
C'est à l'occasion d'une conférence internationale sur la lutte contre le réchauffement climatique que le chef du gouvernement portugais a affirmé que son pays intégrerait 10 % de biocarburants dans ses carburants d'ici 2010, soit dix ans avant l'échéance fixée par l'Union européenne.
Alors que l'UE s'est fixé l'objectif de 20 % d'énergies renouvelables dans sa consommation globale d'énergie, M. Socrates a souligné que le Portugal souhaitait "porter ce chiffre à 45 % en 2010" ! Un objectif ambitieux, mais atteignable. Déjà champion de l'éolien, le pays possède également les deux plus grandes centrales photovoltaïques au monde, et envisage la construction de dix nouveaux barrages.
Source : AFP
29 octobre 2007
Royaume-Uni : une compagnie de bus teste le biodiesel B100
Stagecoach, un des premiers groupes de transport du Royaume-Uni, a mis en service vendredi dernier huit bus fonctionnant au B100, un biocarburant comprenant 100 % de biodiesel.
Ce projet pilote, qui concerne dans un premier temps huit bus desservant la zone de Kilmarnock en Ecosse, devrait s'étaler sur une période de 6 mois. C'est la société Argent Energy qui a été choisie pour alimenter la flotte de bus en biodiesel. Le biodiesel utilisé pour les tests est conçu à partir de graisse animale et d'huile de cuisson usagée.
Les passagers qui prendront place à bord des bus auront la possibilité d'offrir au chauffeur leur huile de cuisson usagée, en échange d'une réduction sur le prix du ticket. Pour Brian Souter, président du groupe Stagecoach, ce projet constitue une réelle opportunité pour les usagers de "participer à la protection de leur planète", tout en leur permettant d'économiser de l'argent sur le coût d'un trajet.
26 octobre 2007
Grenelle de l'environnement : le plan écologique de Nicolas Sarkozy
Pour clôturer le Grenelle, Nicolas Sarkozy a fixé plusieurs objectifs majeurs visant à protéger l'environnement et lutter contre le réchauffement climatique. Nous vous livrons ici un aperçu des principales mesures prises par le gouvernement.
En premier lieu, le président de la république a annoncé que toutes les cultures d'organismes génétiquement modifiés (OGM) seraient suspendues "en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance". Le groupe d'experts concerné devrait voir le jour d'ici la fin de l'année.
Par ailleurs, le président s'est engagé à "étudier la création" d'une taxe "climat-énergie" sur les énergies fossiles. Néanmoins, Nicolas Sarkozy a précisé que cette taxe ne pourrait être envisagée qu'en contrepartie "d'un allègement de la taxation du travail". En effet, le chef de l'Etat s'est dit opposé à une fiscalité écologique supplémentaire qui pèserait sur les ménages et les entreprises. Il a par ailleurs suggéré qu'une telle taxe soit décidée au "niveau européen". Dans les six mois, il propose ainsi à l'Union européenne "la possibilité de taxer les produits importés de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto".
Nicolas Sarkozy a demandé à Michel Barnier de réfléchir sur un plan de réduction de 50 % de l'usage des pesticides, dont la nocivité à l'égard de l'environnement est connue. Il souhaite qu'une proposition soit émise par le ministre de l'agriculture d'ici un an, pour une mise en application au cours des dix prochaines années. En parallèle, le chef de l'Etat a proposé "d'accélérer la mise au point de substances de substitution".
En termes de fiscalité, le président a annoncé la création d'une "éco-pastille" sur les voitures. Cette nouvelle taxe écologique annuelle permettra de "financer le retrait des vieilles voitures polluantes grâce à une prime à la casse progressive et durable pour aider au rachat d'un véhicule propre".
Enfin, concernant les biocarburants, le gouvernement a demandé qu'un audit soit mené sur leur bilan énergétique et écologique, alors que leur production entre en compétition avec l'alimentation. Confiée à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), cette expertise devra déterminer la part des biocarburants de première génération dans le portefeuille énergétique français. Rappelons que les biocarburants de première génération sont ceux issus de cultures alimentaires : betterave à sucre, blé et maïs pour le bioéthanol, colza et tournesol pour le biodiesel. En parallèle, le ministère de l'écologie a affirmé que la recherche sur les biocarburants de seconde génération sera intensifiée. Ces biocarburants, jugés plus "propres" que ceux de première génération, sont essentiellement conçus à partir de plantes non alimentaires, telles que les déchets issus des cultures agricoles ou de la filière bois, certaines algues marines, ou d'autres cultures dédiées (taillis à croissance rapide).
Une large majorité des participants au Grenelle ont affiché leur satisfaction après l'annonce des mesures prises par le gouvernement. Nicolas Hulot, qui s'est dit "plus que satisfait" par les arbitrages rendus par le président, a ajouté qu'il faudrait néanmoins "rester vigilant" quant à la mise en application de ces décisions.
Pour accéder à l'intégralité des conclusions du Grenelle, cliquez ici.
Sources : Europe 1 / L'Expansion / Nouvel Obs
25 octobre 2007
Grenelle de l'environnement : premières mesures
Alors que le Grennelle de l'environnement touche à sa fin, le ministère de l'écologie a annoncé hier les premières mesures visant à lutter contre le réchauffement climatique et favoriser la protection de l'environnement.
Lors de la première table ronde, portant sur la lutte contre les changements climatiques, le ministère de l'écologie avait appelé à ne plus donner priorité aux "infrastructures routières et aéroportuaires". Sur ce point, le Grenelle a tenu en partie ses promesses. A la mi-journée, Jean-Louis Borloo a annoncé la "fin de la construction des autoroutes en France", contournement des villes mis à part. Pour compenser, le ministre assure qu'il développera deux grands axes ferroviaires pour les camions - l'un reliant le Nord au Sud-Est, l'autre le Nord au Sud-Ouest -, qui devront être "bouclés" d'ici 3 ans. Le principe d'une "éco-redevance" sur les transporteurs routiers a été arrêté, mais ne s'appliquera que lorsqu'ils emprunteront le réseau routier des nationales.
Par ailleurs, 1500 km de lignes de tramway devront être construits en dehors de la région parisienne. Un projet évalué à 17 milliards d'euros, dont 4 à la charge de l'Etat. Le principe d'une "écopastille" pour les voitures a également été défini : une « ristourne » sera accordée pour l’achat de véhicules écologiquement vertueux, financée par un malus annuel sur ceux les plus énergivores et polluants. Deux propositions ont été abandonnées : l'abaissement de la vitesse sur autoroutes et la taxe sur le kérosène pour les lignes aériennes en concurrence avec une ligne TGV. De plus, la "taxe carbone" sur les produits les plus polluants, réclamée par beaucoup d'associations écologistes, a donné lieu à une forte opposition entre les ONG, soutenues par les syndicats, et les organisations patronales. Aucun décision n'a donc pu être arrêtée.
Afin d'économiser l'énergie, le Grenelle a fixé une nouvelle norme : de 50 kwh/m2 d’ici 2012 contre 260 actuellement. En parallèle, le gouvernement annonce le lancement d’un programme d’isolation pour pouvoir satisfaire à ces mêmes normes. En outre, l’ensemble des bâtiments publics devront réduire de 20 % leur consommation finale d’énergie.
Concernant le financement de ces mesures, Jean-Louis Borloo a affirmé qu'il serait compensé, partiellement ou totalement, par l’économie d’énergie réalisée. Les banques pourraient proposer des "prêts à taux zéro" aux particuliers engageant des travaux d’isolation de leur logement. L'Etat envisage également d'aider ceux qui ne peuvent emprunter.
La question des biocarburants n'a, quant à elle, pas été abordée...
Source : L'Expansion
22 octobre 2007
Australie : Syngenta signe un partenariat de recherche pour la transformation de biomasse en biocarburant
Le groupe suisse Syngenta, un des leaders mondiaux de la protection des plantes, a signé aujourd'hui un partenariat avec l'Université australienne du Queensland (QUT) et le groupe Farmacule BioIndustries. L'objectif de ce partenariat est de développer une technologie économique permettant la transformation des résidus de la canne à sucre en biocarburant.
Cet accord permettra à Syngenta d'établir un centre de recherche dédié au développement du biocarburant au sein du campus de QUT, situé à Brisbane. Le gouvernement du Queensland investira l'équivalent de 3,2 millions d'euros pour financer la construction de ce centre et d'une usine-pilote.
Concernant les produits qui seront issus des recherches, Syngenta détiendra les droits exclusifs de commercialisation pour le monde entier, à l'exception de l'Australie, la Nouvelle-Zélande et des Iles du Pacifique, dont les droits reviendront aux autres partenaires du projet. Le groupe suisse aura également le droit d'utiliser les technologies développées sur d'autres cultures.
Robert Berendes, Responsable du Business Development chez Syngenta, a affirmé que ce partenariat permettrait d'élargir la stratégie du groupe à de nouvelles cultures, tout en accélérant le développement des technologies de transformation de la biomasse pour rendre l'éthanol cellulosique économiquement viable.
Pour sa part, le Professeur James Dale, Responsable du projet au sein de l'Université, a précisé que l'éthanol cellulosique possédait le potentiel pour diminuer de façon significative à la fois les coûts de production du bioéthanol et les émissions de gaz à effets de serre.
19 octobre 2007
Russie : Poutine incite les agriculteurs à se tourner vers les biocarburants
Lors de son rendez-vous télévisé annuel de questions-réponses avec les Russes, Vladimir Poutine a encouragé les agriculteurs à se tourner vers la production de cultures dédiées aux biocarburants.
Outre des sujets aussi divers que l'Iran, l'armée, l'inflation, ou encore la crise démographique, Vladimir Poutine a abordé brièvement le sujet des biocarburants. Il a notamment incité les paysans russes à se tourner vers la production de cultures dédiées aux carburants verts, et à récupérer ainsi une partie du marché d'exportation occupé actuellement par les producteurs d'hydrocarbures.
Le président russe a indiqué que peu de pays produisaient suffisamment de denrées agricoles pour se permettre de les transformer en carburant. Il a ajouté que la Russie en faisait certainement partie, compte tenu de son "territoire gigantesque". Par ailleurs, Poutine a précisé que les agriculteurs "pourraient même dans une certaine mesure capter une partie du marché occupée par nos producteurs de pétrole et de gaz".
La Russie devrait récolter cette année 78 millions de tonnes de céréales. "C'est un peu moins que l'an dernier, mais c'est bien assez pour permettre l'exportation d'environ 10 millions de tonnes", a-t-il dit.
Source : AFP / Le Blog Finance
Union Européenne : diminution des subventions pour les biocarburants
Le comité de gestion des paiements directs vient d'approuver à l'unanimité une proposition de la Commission européenne visant à réduire la superficie pour laquelle chaque agriculteur peut demander l'aide spéciale aux cultures énergétiques en 2007. En effet, la superficie de 2 millions d'hectares pour laquelle des aides sont allouées a été dépassée.
Pour rappel, cette aide spéciale a été mise en place en 2003 afin d'encourager les agriculteurs à augmenter les superficies utilisées pour la production de biocarburants et d'énergie électrique et thermique produite à partir de la biomasse. A concurrence de la superficie maximale garantie de 2 millions d'hectares, les agriculteurs perçoivent 45 euros par hectare à condition qu'ils aient conclu un contrat avec un collecteur ou un premier transformateur afin de garantir que les cultures seront transformées en produits énergétiques.
En cas de dépassement, la superficie pour laquelle chaque agriculteur peut demander une aide est réduite par l'application d'un coefficient de manière à ne pas dépasser le budget de 90 millions d'euros. En 2007, la superficie a atteint approximativement 2,84 millions d'hectares - soit près d'un million d'hectares en plus du seuil maximal - et un coefficient de réduction de 0,70337 a donc dû être fixé. En d'autres termes, les agriculteurs percevront l'aide de 45 euros/ha pour un peu plus de 70 % des terres pour lesquelles ils ont demandé à en bénéficier.
La superficie maximale, qui était de 1,5 millions d'hectares en 2006, a été portée à 2 millions en 2007 car dix des derniers Etats entrés au sein de l'UE sont devenus éligibles à cette aide. Néanmoins, l'engouement des agriculteurs pour la production de cultures énergétiques a été tel que la superficie maximale a été dépassée, et que, pour la première fois, l'enveloppe budgétaire de 90 millions d'euros devrait être complètement utilisée. Le mois prochain, la Commission européenne doit dresser un bilan concernant la politique agricole commune. Ce dernier sera l'occasion de débattre sur l'éventuelle suppression de cette aide dédiée aux cultures énergétiques.
17 octobre 2007
Commission européenne : vers une éco-certification des biocarburants
La Commission européenne réfléchit actuellement à une directive visant à rendre obligatoire une "éco-certification" pour les biocarburants importés. Celle-ci permettrait de conformer les importations de biocarburants à des critères environnementaux, sociaux et économiques.
Pour atteindre l'objectif européen de 10 % de biocarburants par litre de carburant d'ici 2020, l'Europe va devoir recourir aux importations. Les principaux pays exportateurs de biocarburants sont des pays émergents tels que le Brésil, la Malaisie ou l'Indonésie. Mais la décision d'importer n'est pas sans risques : la production de biocarburants dans les pays en développement pose souvent le problème de la durabilité (déforestation, conditions de travail précaires, pollution des eaux et des sols...). C'est pour cela qu'une éco-certification doit être imposée aux producteurs exportateurs.
Par ailleurs, cette certification devra bien entendu être appliquée aux biocarburants européens. En effet, l'Europe, qui affiche des objectifs ambitieux en matière de mobilité durable, doit aussi se conformer à des règles éthiques pour produire ses carburants verts.
Les ONG de protection de l'environnement et des droits de l'homme se disent favorables à cette certification, à condition qu'elle soit clairement définie. En effet, certaines questions restent encore sans réponse : quels seront les critères de cette certification ? quel sera son coût ? cette certification sera-t-elle privée ou publique ?
L'éco-certification devrait être entérinée par la deuxième directive sur les biocarburants attendue fin 2007.
Source : Le Monde
15 octobre 2007
Allemagne : Daimler et Volkwagen investissent dans les biocarburants
Les constructeurs automobiles Daimler et Volkswagen ont annoncé qu'ils prenaient une participation minoritaire au capital de Choren Industries, groupe leader dans le développement du biomass to liquid (BTL), un biocarburant de deuxième génération.
Déjà partenaires de Choren depuis plusieurs années, Volkswagen et Daimler ont décidé d'apporter leur participation au capital du groupe afin d'encourager la commercialisation du BTL. Les deux constructeurs considèrent en effet le BTL comme un biocarburant prometteur.
Alors que l'allemand Choren construit actuellement une usine expérimentale d'une capacité de 15.000 tonnes de BTL/an, le groupe prévoit déjà d'établir un second site, capable de produire 200.000 tonnes de BTL/an. L'objectif du groupe est de construire 10 à 15 usines du même genre d'ici 2020, pour une production totale de 3.000.000 tonnes/an.
La technologie développée par Choren permettra de produire du carburant pur (exempt de sulfures et d'aromates), se consumant avec des émissions polluantes peu élevées. L'intérêt du BTL réside dans le fait que sa production ne fait pas d'ombre aux cultures destinées à l'alimention. En effet, ce dernier est produit à partir de différents résidus de biomasse et déchets agricoles.
Source : Communiqué Volkswagen
















