26 novembre 2007
Belgique : 400 000 entonnoirs distribués pour récupérer de l'huile de friture
A partir d'aujourd'hui, 2500 supermarchés belges vont distribuer plus de 400 000 entonnoirs à leurs clients afin de les inciter à collecter séparément les huiles de fritures utilisées et les recycler ensuite en biodiesel.
Depuis le 1er janvier 2005, les producteurs, importateurs et distributeurs d'huiles et de graisses comestibles de trois régions belges ont l'obligation de récupérer les huiles utilisées. Pour faciliter cette démarche, la fédération belge des entreprises de distribution (Fedis) offre gratuitement 400 000 entonnoirs aux clients de 2500 supermarchés pour les inciter à récupérer leurs huiles usagées.
Une enquête a récemment révélé que sur les 81 % de Belges qui utilisent une friteuse ou un réchaud à fondue, 40 % jettent l'huile usagée (dans leur évier, jardin...) au lieu de la ramener dans des centres de tri sélectif. C'est pour cette raison que la Fedis a reconduit sa campagne de sensibilisation. En 2006, cette campagne a permis de récupérer 6675 tonnes d'huiles et de graisses de friture, soit environ 2 kg par ménage.
Concernant les huiles et graisses récupérées, 68 % de celles-ci seront transformées en biodiesel, 20 % seront réutilisées pour fabriquer du bois de presse, des lubrifiants, du plastique ou des savons industriels. Enfin, les 12 % restants seront consumées pour produire des énergies renouvelables.
Source : Fedis
Lancement de la première usine de bioéthanol du Royaume-Uni
Le ministre britannique de l'agriculture Jeff Rooker a inauguré jeudi dernier la première usine de bioéthanol du pays, détenue par le groupe British Sugar.
Basée à Wissington, dans le Norfolk, l'usine devrait produire annuellement l'équivalent de 70 millions de litres de bioéthanol à partir de 110 000 tonnes de betteraves à sucre cultivées localement. Selon Mark Carr, le PDG de British Sugar, le sucre utilisé pour produire du bioéthanol correspond à un surplus comparé aux quotas de l'Union européenne, qui aurait été exporté sur le marché mondial, notamment au Moyen-Orient. "Cela n'aura [donc] aucun effet sur les prix de l'alimentation", a-t-il ajouté.
Dans un premier temps, le bioéthanol produit sera vendu à des mélangeurs, qui incorporeront le biocarburant au pétrole, puis le vendront à leur tour aux chaînes de supermarchés anglaises, notamment Tesco.
A partir de mars 2008, la législation anglaise -Renewable Transport Fuel Obligation (RTFO)- obligeant l'incorporation de 5 % de biocarburants dans les carburants classiques d'ici 2010 entrera en vigueur. La nouvelle usine contribuera directement à atteindre cet objectif.
Pour le moment, l'utilisation de véhicules flex-fuel reste très limitée au Royaume-Uni, principalement en raison du manque de stations-service proposant du bioéthanol. En effet, le pays ne compte actuellement qu'une vingtaine de pompes E85.
Le Vietnam se lance dans les biocarburants
Le Vietnam, qui a signé un accord avec le Brésil pour partager ses technologies liées à la production d'éthanol, vient d'approuver la production et l'utilisation des biocarburants.
Une directive du Premier Ministre vietnamien prévoit que la production de biocarburants pourrait atteindre 250 000 tonnes d’ici 2015, et 1,8 millions de tonnes d’ici 2025. Ceci permettrait de couvrir 5 % de la demande totale en carburant de ce pays, dont la demande en énergie augmente chaque année de façon exponentielle. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement va mettre en place des incitations fiscales et des prêts à taux réduits.
Un premier site de production d'éthanol, d'une capacité annuelle de 50 000 tonnes -soit 220 000 litres d'éthanol par jour- va bientôt voir le jour dans la province de Tây Ninh.
De son côté, Petrosetco, une filiale de la compagnie pétrolière nationale Petrovietnam, a annoncé qu'elle construirait une nouvelle usine de production d'éthanol à Hô Chi Minh-Ville d'ici le troisième trimestre 2009. Cette usine, dont le coût est estimé à 100 millions de dollars, disposera d'une capacité de 100 millions de litres d'éthanol à partir de manioc. Au cours des prochaines années, Petrosetco envisage de construire 3 nouvelles usines d'éthanol d'une capacité similaire. A terme, les biocarburants du groupe pourraient être produits uniquement à partir de riz.
Enfin, dans la province de Quang Nam, le groupe Dông Xanh devrait lancer la mise en production d'une usine de bioéthanol à base de manioc dès 2008.
France : la filière céréalière peut développer les biocarburants
Selon une étude interprofessionnelle, les céréaliers français disposent de surfaces suffisantes pour porter à 7 % la part des biocarburants dans les carburants fossiles en 2010 sans compromettre l'approvisionnement du marché alimentaire.
Monique Meizels, responsable du service statistiques et orientation de l'ONIGC (Office français des grandes cultures) a déclaré jeudi dernier que "la ressource en terre arable permet de faire face à l'objectif d'incorporation de biocarburants et au maintien des besoins internes et externes".
Afin d'atteindre l'objectif français de 7 % de biocarburants dans la consommation globale de carburants d'ici 2010, 310 000 hectares de cultures supplémentaires devront être mobilisés. L'augmentation des surfaces permettra de tripler la production de biodiesel et de bioéthanol.
En effet, la production de biodiesel devrait atteindre 2,62 millions de tonnes en 2010 contre 740 000 tonnes en 2006, et celle de l'éthanol devrait s'élever à 740 000 tonnes contre 230 000 tonnes en 2006.
Selon l'étude, l'extension des surfaces actuelles peut être envisagée sereinement pour deux raisons :
- les co-produits issus des biocarburants (drêches, tourteaux, pulpe) contribueront aux besoins de l'alimentation animale et permettront de dégager 40 000 à 310 000 hectares de céréales
- 300 000 à 400 000 hectares, jusqu'ici réservés à la jachère, pourraient être remis en culture, tout en conservant les jachères environnementales déjà en place.
Les surface supplémentaires pourraient donc atteindre de 340 000 à 710 000 hectares au total, contre un besoin de 310 000 hectares.
Cette étude permet de répondre aux critiques accusant les biocarburants de concurrencer l'usage des terres dédiées au marché alimentaire et de déstabiliser la sécurité alimentaire du pays.
Source : Reuters
22 novembre 2007
Vers la fin de la filière biocarburants française ?
Dans le cadre du projet de loi de finances 2008, l'avantage fiscal accordé aux producteurs de biocarburants pourrait être réduit de 30 %, malgré l'engagement du gouvernement pour le développement de cette filière.
Selon Stéphane Demilly, Président et fondateur du groupe d'études sur les biocarburants à l'Assemblée Nationale, la réduction de la taxe intérieure sur la consommation (TIC) passerait de 33 euros par hectolitre à 23 euros/hl pour le bioéthanol, et de 25 euros/hl à 18 euros/hl pour le biodiesel. Interrogés sur ce sujet, les ministères des Finances et de l'Agriculture se sont refusés à tout commentaire.
Tout juste démarrée en France, la filière biocarburants reste très dépendante des subventions financières. Actuellement, cette industrie bénéficie d'une défiscalisation sur la TIC, ainsi que sur une taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), qui oblige les distributeurs à incorporer des biocarburants dans les carburants fossiles.
Rappelons que le gouvernement français affiche des objectifs ambitieux en matière d'incorporation de biocarburants dans les carburants : 5,75% de biocarburants dans les carburants en 2008, 7% en 2010 et 10% en 2015. Le gouvernement a d'ailleurs confirmé son engagement en faveur des biocarburants lors du Grenelle de l'Environnement.
Or, une réduction des avantages fiscaux pourrait sérieusement compromettre l'atteinte de ces objectifs. Comptant sur ces aides, les industriels de l'éthanol se sont engagés dans des investissements colossaux, dépassant 1 milliard d'euros. Sans ces subventions, la filière biocarburants ne serait plus rentable, et le recours aux importations, notamment en provenance du Brésil, deviendrait indispensable pour atteindre les objectifs fixés.
Source : Communiqué de Stéphane Demilly
19 novembre 2007
Biodiesel : un meilleur bilan énergétique en 2007
Selon le cabinet PriceWaterHouse (PWC), l'écobilan du biodiesel, également connu sous le nom de Diester, a connu une nouvelle amélioration en 2007.
Le rapport émis par le cabinet révèle notamment que le biodiesel issu du colza restitue 3,68 fois plus d’énergie que celle qui a été nécessaire à sa production. En outre, PWC indique que le Diester émet 3,7 fois moins de gaz à effets de serre que le gazole. L’efficacité énergétique du Diester est, par ailleurs, 4 fois supérieure à celle du gazole et chaque tonne de Diester consommée permet d’éviter le rejet de 2,64 tonnes d’équivalent CO2.
L'interprofession du Diester a également fait savoir qu'elle renforçait sa "charte environnement", qui précise les règles de bonne conduite à suivre pour la culture du colza, en ciblant quatre axes prioritaires :
- l'amélioration du bilan énergétique en culture (fertilisation, travail du sol...)
- la réduction des gaz à effets de serre en culture (maîtrise du NO2 et stockage du carbone dans les sols)
- la limitation de l'impact des produits phytosanitaires pour la qualité des eaux
- la conservation de la biodiversité.
En s'appuyant sur ces nouveaux objectifs, la filière souhaite se rapprocher d'un bilan proche de 5, contre 3,68 aujourd'hui.
Selon l'industrie du biodiesel en Europe (EBB), la France a produit près de 750 000 tonnes de biodiesel en 2006, et devrait dépasser les 1,2 millions de tonnes en 2007. La filière mise désormais sur une production de 2 millions de tonnes en 2010, ce qui devrait permettre la création de 12 000 emplois.
Source : PROLEA
France : Suez fait l'acquisition de la Compagnie du Vent
Suez vient de confirmer officiellement l'acquisition de 50,1 % de la Compagnie du Vent, le leader français de l'éolien.
La Compagnie du Vent, leader français de l'énergie éolienne, possède un des plus importants portefeuilles de projets éoliens du secteur avec plus de 6500 mégawatts de capacités de production à l'étude ou en développement en France et dans le monde. Suez a fait l'acquisition de ce groupe à hauteur de 50,1 %, pour un montant de 321 millions d'euros, via sa filiale belge Electrabel.
Outre son activité principale, la Compagnie du Vent prépare la construction d'une usine de biodiesel via sa filiale Biocar, dédiée à la production de biocarburants, tout en développant sa filiale spécialisée dans l'énergie solaire. L'usine de biodiesel, qui verra le jour à Fos-sur-Mer en 2009, en produira pas moins de 200 000 tonnes par an. La construction de deux autres usines d'une capacité similaire, à Bordeaux et à Dunkerque, avait été annoncée en février 2006. Pour le moment, le géant de l'éolien n'a pas précisé si ces projets sont toujours d'actualité.
De son côté, Suez portera sa participation à 56,8 % dans la Compagnie du Vent à l'issue de la prochaine augmentation de capital. Selon les dirigeants de Suez, cette acquisition répond à l'ambition du groupe d'augmenter ses sources d'énergies renouvelables (éolien, biomasse, hydraulique et photovoltaïque), qui représentent aujourd'hui 40 % de ses capacités de production.
Sources : Suez / Compagnie du Vent / Boursier.com
15 novembre 2007
Exxon Mobil fait part de ses perspectives énergétiques
Elaborée chaque année par Exxon Mobil, la "Perspective énergétique" s'appuie sur un processus suivi depuis plusieurs dizaines d'années.
Les résultats issus de cette étude, basée sur l'analyse de plus de 100 pays et de 20 types de carburants, permettent à Exxon Mobil d'estimer ses perspectives de croissance commerciale et de favoriser la compréhension des besoins et des enjeux énergétiques mondiaux.
Parmi les conclusions de l'étude en question, on peut citer les chiffres suivants :
- la croissance de la demande d’énergie annuelle devrait être en moyenne de 1,3 % par an de 2005 à 2030
- la croissance de la demande d’énergie dans les pays en voie de développement, qui comprend des pays non membres de l’OCDE, devrait être de 2 % par an – quatre fois celle du monde développé qui s'établit à 0,5 % par an
- l'énergie éolienne, solaire et les biocarburants croissent rapidement d’environ 9 % par an, grâce aux subventions et mandats des gouvernements. Ces sources d’énergie représentent actuellement 0,5 % de l’énergie mondiale, et elles devraient s'élever à 2 % en 2030
- les énergies fossiles représenteront environ 80 % de la demande d’énergie jusqu’en 2030 - à eux-seuls, le pétrole et le gaz compteront pour 60 % de cette dernière
- dans les pays en voie de développement, alors que la dépendance vis-à-vis du charbon devrait augmenter, la forte croissance de l'utilisation des hydrocarbures fera augmenter de 2 % par an les émissions de CO2 liées à l’énergie
- dans les pays développés, une faible croissance de la demande d’énergie combinée à une moindre dépendance sur le charbon dans le monde développé maintiendra les émissions de CO2 presque constantes jusqu’en 2030
- à l'échelle mondiale, les émissions de CO2 liées à l’énergie vont croître pour atteindre un niveau annuel de 37 milliards de tonnes en 2030, comparé à 27 milliards de tonnes en 2005.
Pour ralentir la croissance des émissions de CO2, le rapport précise qu'une participation mondiale des producteurs et consommateurs sera nécessaire, ainsi que des changements graduels d’efficacité énergétique, des progrès technologiques et des investissements considérables pendant des dizaines d’années. Selon Rex W. Tillerson, le PDG d'Exxon Mobil, "le progrès économique entraînera la demande d’énergie ; le pétrole et le gaz resteront indispensables dans un avenir prévisible et un effort mondial devra être déployé pour s’attaquer à la question des émissions de gaz à effet de serre".
Source : Exxon Mobil
La part des biocarburants va fortement augmenter d'ici 2030
Claude Roy, le coordonnateur interministériel pour la valorisation des bioénergies, a indiqué avant-hier que les bioproduits et bioénergies devraient connaître une "croissance importante" d'ici à 2030.
Lors d'un colloque sur les perspectives de la filière bio qui se tenait avant-hier a Paris, Claude Roy a rappelé que les énergies tirées de produits agricoles et les bioproduits (emballages biodégradables, fibres naturelles, encre végétale...) contribuent à lutter contre les émissions de gaz à effets de serre et favorisent l'accès à l'indépendance énergétique. Il a notamment estimé que la valorisation de la biomasse en France pourrait s'élever à 50 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2030, contre 11 Mtep actuellement. Si la consommation actuelle d'énergie primaire était maintenue en 2030, la part des bioproduits et bioénergies atteindrait alors 16 à 20 % contre 4 % actuellement. Néanmoins, il est évident que le développement des bioproduits et bioénergies sera freiné par la croissance de la demande mondiale alimentaire, qui restera prioritaire.
Selon Claude Roy, "jamais la biomasse ne remplacera la totalité des applications de l’énergie fossile", mais elle jouera "un rôle prépondérant" aux alentours de 2030. Pour l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), la production de biocarburants serait multipliée en France par 29 (11,5 Mtep en 2030 contre 403.000 tonnes en 2005) sur la base d’un scénario « optimiste mais réaliste » d’un baril de pétrole autour de 150 dollars !
Source : France Soir
13 novembre 2007
Etats-Unis : le gouverneur de Floride souhaite importer de l'éthanol brésilien
Charlie Crist, le gouverneur de la Floride, a annoncé lundi dernier qu’il inciterait les membres du Congrès des Etats-Unis à faire pression pour une plus grande utilisation d’éthanol, ainsi qu'une réduction du tarif sur les importations de biocarburants provenant du Brésil.
D'ici 2015, la Floride souhaite ramener ses émissions de gaz à effets de serre à leur niveau de 1990. Pour y parvenir, Charlie Crist souhaite encourager les importations d'éthanol en provenance du Brésil. Dans le cadre d'une mission d’amélioration du commerce bilatéral entre le Brésil et la Floride, le gouverneur a affirmé qu'il allait encourager ses amis sénateurs pour qu'ils favorisent les importations d'éthanol brésilien. Le tarif actuel étant fixé à 54 cents de dollars pour trois litres jusqu'à 2009.
Le Brésil est déjà un des partenaires principaux de la Floride, avec un commerce à double sens représentant environ 11 milliards de dollars par an. Malgré son besoin annuel de 30 milliards de litres d'essence, la Floride ne produit pas encore de biocarburants. Ceci pourrait néanmoins changer dès l'année prochaine, avec la possible adoption par le secrétaire de la Floride pour la protection environnementale d'un mélange de 10 % d'éthanol dans l'essence. Côté Brésil, Marcis Jank, le président du Syndicat de l'Industrie de la canne à sucre (UNICA), a déclaré : « La Floride sera un marché énorme d’éthanol, qui va croître, et sera une voie d’entrée importante ».
Alors que la Floride rencontre actuellement des problèmes logistiques pour faire venir de l’éthanol du Midwest des Etats-Unis, importer de l'éthanol brésilien pourrait s'avérer plus avantageux.
En mars dernier, le Brésil et les Etats-Unis avaient conclu un accord pour développer la production et l'utilisation des biocarburants et mettre en place des standards communs pour le commerce de l’éthanol. George W. Bush n'avait cependant pas évoqué de changements concernant les tarifs douaniers, malgré une demande directe émise par le président Lula.
















