11 octobre 2007
Biocarburants : le rapporteur de l'ONU demande un moratoire
Il fallait s'y attendre. Face à la flambée des prix agricoles, principalement causée par la production des biocarburants, Jean Ziegler, rapporteur de l'ONU pour le droit à l'alimentation, a demandé aujourd'hui un moratoire international sur la production de biocarburants.
Depuis plusieurs mois, la conversion de terres arables à la culture de végétaux destinés à produire des biocarburants entraîne une forte augmentation des prix alimentaires. Cette dernière pénalise en premier lieu les pays les moins développés, obligés d'importer une part de leur alimentation au prix fort. De plus, à cause de cette hausse des prix, les pays riches pourraient être tentés de réduire l'aide alimentaire apportée aux pays en développement.
Dès lors, M. Ziegler a décidé de soumettre le 25 octobre à l'Assemblée générale de l'ONU une proposition de moratoire de cinq ans interdisant la conversion de terres à la production de biocarburants. Il espère qu'au delà de ce délai la science aura assez progressé pour pouvoir passer aux biocarburants de seconde génération, produits à partir de déchets végétaux.
Lors de son interview, le sociologue suisse a rappelé que 232 kilos de maïs étaient nécessaires pour faire un plein de cinquante litre d'éthanol, et qu'une telle quantité de maïs permettait de faire vivre un enfant pendant un an.
Source : AFP
Chine et Inde : l'approvisionnement en eau menacé par les biocarburants
Après les Etats-Unis, c'est en Inde et en Chine que l'eau pourrait manquer. En effet, les deux pays ont récemment décidé d'augmenter massivement leur production de biocarburants, entraînant une surconsommation d'eau, dont l'utilisation est déjà fortement limitée dans la production agricole.
Selon un rapport de l'institut international de gestion de l'eau (IWMI), la Chine et l'Inde, premiers producteurs et consommateurs au monde de nombreux produits agricoles, subiraient déjà d'importantes limitations d'eau dans la production agricole.
Si les deux pays se mettent à développer massivement la production domestique de biocarburants, notamment à partir des cultures actuelles, leur approvisionnement en eau ainsi que leur capacité à répondre aux besoins d'alimentation futurs risquent d'être sérieusement menacés.
De son côté, la Chine s'est fixée comme objectif de quadrupler sa production de biocarburant à environ 15 milliards de litres d'ici 2020, soit 9 % de ses besoins en essence. Ceci nécessitera une augmentation de 26 % de sa production de maïs. L'Inde affiche des objectifs similaires, mais s'appuiera principalement sur la culture de la canne à sucre. Il s'agit de deux cultures très gourmandes en eau.
A titre d'exemple, 2400 litres d'eau sont nécessaires à la production d'un litre de bioéthanol à partir de maïs en Chine, alors que la même dose de bioéthanol issue de la canne à sucre indienne nécessite 3500 litres. Le Brésil, quant à lui, n'a besoin que de 90 litres d'eau pour produire un litre d'éthanol !
Selon ce même rapport, en dehors de la Chine et de l'Inde, les conséquences de la hausse de la production de biocarburants sur l'utilisation de l'eau resteront limitées.
Source : Reuters
















