16 août 2007
Biocarburants : Boire (de l'eau) ou conduire, il faut choisir
Des experts du secteur de l'eau ont affirmé que la production de biocarburants nécessitait l'utilisation de grandes quantités d'eau, une resource potentiellement limitée. Ils ont également rappelé que la fabrication à grande échelle de ces carburants "verts" pourrait se faire au détriment des aliments de base.
Pour Johan Kuylenstierna, directeur de la Semaine mondiale de l'eau dont la 17ème édition se tient actuellement à Stockholm, la question de l'eau n'est pas suffisamment prise en compte dans les débats concernant les biocarburants. A l'avenir, pour pouvoir répondre aux besoins croissants en nourriture et en énergie, la production de nourriture et de biocarburants issus de l'agriculture va devoir augmenter de façon exponentielle, multipliant par la même occasion l'utilisation de l'eau, sans doute au détriment des produits alimentaires.
Selon un porte-parole de l'institut international de l'eau à Stockholm (SIWI), la quantité d'eau nécessaire à la fabrication de biocarburants sera en 2050 équivalente à celle requise par le secteur agricole pour nourrir l'ensemble de la population de la planète. Il serait alors absurde de consommer autant de biocarburants que nous consommons actuellement de carburants fossiles, selon Sunita Narain, directrice du Centre pour la science et l'environnement. Plusieurs solutions pourraient donc être envisagées afin de réduire la consommation d'eau destinée aux biocarburants. Certains experts proposent notamment que les biocarburants soient destinés aux bus, et non plus aux voitures.
En outre, les experts redoutent que la production à grande échelle des carburants "verts" entraîne une forte hausse du prix des denrées alimentaires de base. La production des biocarburants entrerait alors en concurrence avec la production de nourriture.
Notons que selon le SIWI, le remplissage d'un réservoir de 95 litres d'éthanol pur nécessite environ 200 kilos de maïs, autrement dit assez de calories pour nourrir une personne pendant un an.
Source : AFP (16/08/2007)
10 août 2007
750 milliards de dollars d'investissements pour les énergies vertes !
Le cabinet d'études Ernst and Young vient d'annoncer dans un communiqué que les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables (solaire, éolien ou biomasse) pourraient atteindre les 750 milliards de dollars d'ici 2016.
En 2006, les investissements dans le solaire, l'éolien ou la biomasse ont atteint "le chiffre record de 100 milliards de dollars", souligne Ernst and Young. "La demande pour les énergies renouvelables augmente à un rythme sans précédent, dopée par des programmes incitatifs compétitifs des gouvernements", a précisé un analyste du cabinet à l'AFP.
Selon l'étude, les Etats-Unis demeurent premier investisseur mondial. Le Royaume Uni, l'Inde et l'Espagne figurent également parmi les plus gros investisseurs. Ernst and Young explique la hausse des investissements britanniques par la récente volonté du pays de placer les ENR au centre de sa politique énergétique.
Selon le Programme pour l'environnement des Nations Unies (PNUE), les énergies renouvelables, qui produisent environ 2 % de l'énergie mondiale, représentent désormais environ 18 % de l'investissement mondial dans la production énergétique, avec en tête l'énergie éolienne qui attire les plus gros investissements. Viennent ensuite le solaire et les biocarburants.
Japon : un biocarburant à partir de paille de riz
Le ministère japonais de l'Agriculture a annoncé un projet visant à produire du biocarburant à partir des éléments non comestibles du riz, de façon à éviter de faire grimper les prix des aliments.
Eiichiro Kitamura, responsable du projet, a affirmé que son équipe avait déjà développé la technologie permettant de produire de l'éthanol à partir de paille de riz, mais que celle-ci n'avait été expérimentée qu'en laboratoire.
Actuellement, l'éthanol est produit à partir de matières premières telles que la betterave, la canne à sucre ou le maïs. Mais l'utilisation de ces plantes sucrières a pour conséquence d'augmenter les prix des aliments de base, ce qui aggrave la famine dans les pays pauvres. «Si nous pouvons fabriquer des biocarburants à partir des parties non comestibles des récoltes, alors les marchés des biocarburants et des produits alimentaires n'entreraient pas en concurrence», a espéré M. Kitamura.
Des procédés pour fabriquer du bioéthanol à partir de déchets végétaux existent déjà ailleurs dans le monde. L'entreprise canadienne Logen a notamment inventé un procédé pour produire du carburant à partir de paille de blé.
Source : AFP (9/08/2007)
08 août 2007
Royaume-Uni : National Express suspend ses tests aux biocarburants
National Express, l'une des principales compagnies anglaises de transports, vient d'annoncer qu'elle avait retiré de la circulation sa flotte de bus fonctionnant au biodiesel de première génération, à cause des risques liés à la pénurie et l'augmentation des prix des céréales.
Le groupe a précisé qu'il ne renouvellerait pas cette expérience tant que les biocarburants dits de "seconde génération", produits à partir de sources non alimentaires telles que les déchets du bois ou les algues, ne seront disponibles ou que des preuves quant à la soutenabilité des biocarburants actuels ne lui auront été fournies.
Le groupe canadien Energem Resource va produire du biodiesel au Mozambique
Le groupe canadien Energem Resources a annoncé hier qu'il avait pris une participation de 70 % dans une société de traitement de l’énergie renouvelable au Mozambique pour l’utilisation du jatrophe dans la production de biodiesel.
La firme canadienne, qui vient de créer au Kenya "Energem Biofuels", une nouvelle filiale spécialisée dans les biocarburants, a souligné que cette acquisition intervenait dans le cadre d’une stratégie qui s’intéresse aux infrastructures d’exploitation des hydrocarbures et du biodiesel. Energem prévoit d'investir au moins 55 millions de dollars dans la plantation de 5 000 hectares de jatrophe et l’acquisition de 60 000 hectares de terre pour cette culture de biomasse.
Le Mozambique a récemment annoncé son intention d’attirer les investisseurs pour la production de biocarburants en masse, en s’appuyant sur ses énormes potentialités, sa stabilité politique, son climat d’investissement, ainsi que ses avantages agro-écologiques. Très ambitieux en matières de biocarburants, le pays envisage de devenir "le Brésil de l'Afrique". En effet, le pays dispose d’un potentiel de production de 21 millions de litres d’éthanol et de 40 millions de litres de biodiesel. Selon le ministre de la science et de technologie, Venancio Massingue, plus de cinq millions d’hectares de terres seront consacrés aux cultures permettant la production de biodiesel.
Source : Agence de Presse Africaine
06 août 2007
Biocarburants : la France prend du retard
Sur les 500 pompes de bioéthanol E85 prévues pour fin 2007, seule une centaine ont pour le moment été inaugurées.
En octobre 2006, le gouvernement Villepin inaugure le biocarburant E85 (85% d'éthanol) et s'engage sur 500 pompes vertes avant la fin de l'année 2007. Un bilan intermédiaire fourni par la Direction générale de l'énergie et des matières premières du ministère de l'Écologie montre que seules 100 pompes inégalement réparties sur l'hexagone sont actuellement opérationnelles. Ce retard s'expliquerait par la lenteur d'obtention des autorisations d'agrément, le texte officiel régissant l'encadrement technique des stations-service n'ayant été publié que tardivement, le 2 mars 2007. Par conséquent, les principaux intervenants de cette filière, notamment Leclerc, Carrefour et Total, ont réellement démarré leurs travaux en avril. Si nous prenons le cas de Total, ce dernier ne dipose que d'une vingtaine de pompes E85, alors que le groupe en prévoyait 70 "pour l'été".
Selon Yves Lemaire, responsable du bureau raffinage et biocarburant au ministère de l'Écologie, "il n'y a pas de raison de penser que l'objectif des 500 pompes ne soit pas atteint à la fin de cette année. Lors du dernier comité de suivi, les enseignes Carrefour et Leclerc ont même affiché des prévisions qui dépassent leurs engagements initiaux". De son côté, Jean-Louis Schilansky, délégué général de l'Union française des industries pétrolières ajoute que "l'E85, vendu en moyenne 80 centimes d'euro du litre, est évidemment compétitif", mais se demande qui pourrait être concerné par ce biocarburant. En effet, plus de 70 % du parc automobile français sont composés de voitures Diesel. Même à 80 dollars le baril, le gazole reste plus compétitif que le bioéthanol qui, bien que plus cher au litre, induit une surconsommation de l'ordre de 30 % par rapport à un carburant traditionnel. Espérons donc que l'argument écologique fera la différence.
Source : Figaro (4/08/2007)
Biocarburants : Acquisition stratégique du groupe espagnol Abengoa
La filiale biocarburants du groupe de BTP espagnol Abengoa va acquérir 100 % de la société brésilienne Adriano Ometto Participaçoes, spécialisée dans la production de bioéthanol et de sucre.
Abengoa Bioenergia vient de conclure un accord lui pemettant d'acquérir 100 % du capital social de la société brésilienne Adriano Ometto, qui possède deux sites de production à Sao Polo, pour un montant de 216 millions d'euros, selon un communiqué du groupe Abengoa. Pour le moment, l'opération est soumise à l'autorisation des autorités brésiliennes de la concurrence, mais "le feu vert est attendu dans les prochains mois", selon Abengoa.
A l'issue de ce rachat, la dette du groupe espagnol s'élèvera à 281 millions d'euros. Cette acquisition est particulièrement stratégique, car permettra à Abengoa de devenir "la seule entreprise du monde présente sur les trois grands marchés du bioéthanol: les Etats-Unis, le Brésil et l'Europe".
Source : AFP (6/08/2007)
01 août 2007
Royaume-Uni : des taxis londoniens vont rouler au biodiesel
La compagnie londonienne Radio Taxis Ltd a pris la décision de modifier le moteur de certains de ses taxis type LT1 pour qu'ils puissent fonctionner prochainement avec 30 % de biodiesel. Baptisé "E3" par son concepteur, le groupe Infinitum Ltd, le biodiesel utilisé par ces taxis sera le premier au monde créé spécifiquement pour ce type de véhicules. Un autocollant collé sur le pare-brise permettra aux usagers de repérer les taxis " écolo ". Selon Ken Levingstone, le maire de Londres, "Londres possède déjà le meilleur service de taxis dans le monde, et je travaille avec les compagnies de taxis pour que nous ayons également le service le plus propre".
Chine : de nouvelles matières premières pour produire du bioéthanol
La Chine possède quatre usines autorisées pour la production d’éthanol, qui produisent au total 1,44 million de tonnes d’éthanol par an, majoritairement à partir de maïs, mais également de blé. L'année dernière, elles ont utilisé environ 2 % de l’ensemble de la production de maïs du pays. L’augmentation en flèche des prix de la nourriture a fait que l’inflation de la Chine a atteint les 4,4 % en juin, provoquant l'inquiétude des économistes du pays. Ces derniers craignent que la demande d’éthanol pour le maïs ne dépasse la capacité de la Chine à produire toutes les graines nécessaires à la fois pour l’alimentation et pour les biocarburants.
La Chine a cessé d’approuver les nouveaux projets d’éthanol fabriqués à partir de graines depuis la fin de l’année 2006. Mais elle n’a pas non plus approuvé de projets d’éthanol fabriqué à partir d’autres matières premières, à l’exception d’un projet d’usines fabricant de l’éthanol à partir de manioc, dans la région de Guangxi, au sud de la Chine. Pour Xiong Bilin, le fait que les usines d'éthanol utilisent le maïs en cas de récolte exceptionnelle pourrait garantir une certaine stabilité des prix. Cependant, la politique actuelle du pays, la recherche et les outils de planification ne sont pas encore prêts à passer totalement à des matières premières qui ne soient pas des graines pour la production de l’éthanol, selon des responsables industriels chinois. Pour le moment, le gouvernement chinois n'a notamment pas prévu de subvention ou de fiscalité pour encourager la production d'éthanol à partir d'autres matières premières, qu'il n'a d'ailleurs pas non plus définies.
La Chine, troisième producteur d’éthanol au monde, changera progressivement de matières premières pour la fabrication de son éthanol, selon un responsable du gouvernement. Seuls les excédents de production issus des cultures de maïs ou de blé pourront être utilisés pour produire de l'éthanol, le reste de la production sera réservé au secteur alimentaire.
Le directeur de la Commission du Développement National et des Réformes (NDRC), Xiong Bilin, a confirmé "qu’il y aurait un remplacement progressif des graines utilisées pour la production de l’éthanol par des matières premières qui ne seront pas des graines". Sans préciser s'il s'agira d'une décision temporaire ou permanente, il a ajouté que cela dépendrait de la situation du pays en termes d’excédents de graines.
Pour sa part, le groupe chinois Tianguan a commencé à utiliser, en plus du maïs, du manioc et de la patate douce pour sa production d'éthanol.
















