29 août 2007
Biocarburants : Borloo pas convaincu de dépasser les 10 %
Interviewé hier matin sur RMC, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, a affirmé qu'il n'était « pas convaincu » par le fait de dépasser l'objectif de 10 % d'incorporation de biocarburants dans les carburants d'ici 2020.
Jean-Louis Borloo a expliqué que le développement des biocarburants ne devait pas se faire "au détriment de la capacité agricole mondiale", tout en soulignant les risques de déforestation. Il a également tenu à mettre en garde contre les dérives liées à la production des biocarburants et "l'emballement de mode". Selon lui, à son terme, l'incorporation n'atteindra pas 30 % des carburants.
28 août 2007
France : Total augmente sa production de biocarburants
Le groupe pétrolier Total va investir début septembre la somme de 130 millions d'euros dans sa Raffinerie de Harfleur, en Seine-Maritime.
L'investissement sera consacré au renouvellement et à la modernisation d'une partie de la raffinerie afin d'améliorer les performances des capacités de production et des progrès en matière environnementale. Ces travaux nécessiteront l'arrêt d'un tiers de l'usine pendant six semaines, et permettront notamment d'augmenter de 15 % la production de biocarburants du site.
Actuellement, le site raffine 16 millions de tonnes de pétrole brut par an, soit un sixième du marché français des produits pétroliers et élabore 200 produits différents (essences, fiouls, bitumes...). Il y produit également déjà 59 000 tonnes d'ETBE, un carburant vert obtenu à partir de l'éthanol agricole et de l'iso butylène issu du raffinage.
Source : L'Usine Nouvelle
Belgique : la production de biocarburants demeure insuffisante
Selon le quotidien De Tijd, la production de biocarburants tarde à décoller chez nos confrères Belges. La quasi totalité des projets ont été reportés de quelques mois à un an.
Le gouvernement souhaitait que cette production s'accélère afin que chaque automobiliste puisse faire le plein de biocarburant à la pompe. Néanmoins, la Belgique ne compte pour le moment que deux producteurs de biodiesel, Oleon à Ertvelde et Neochim à Feluy, dont les usines ne fonctionnent qu'à mi-capacité. Parmi les grandes marques, seul Total mélange du biodiesel avec le diesel classique. Les premiers bioéthanols n'arriveront qu'au printemps 2008. Le marché, quant à lui, s'avère réticent aux biocarburants car il n'est actuellement plus rentable de produire du biodiesel ou du bioéthanol en raison de l'augmentation du prix des céréales et des huiles végétales.
Source : RTL Info
24 août 2007
Royaume-Uni : un biocarburant à partir des déchets de la bière et du whisky !
Des chercheurs écossais étudient actuellement la possibilité de transformer les co-produits issus des brasseries en biocarburants destinés à alimenter les automobiles.
Des scientifiques de l'Université d'Abertay, en Ecosse, ont obtenu une subvention pour effectuer des recherches sur la façon dont les résidus issus de la fabrication de bière ou de whisky pourraient être transformés en bioéthanol. Les "carburants verts" actuels étant de plus en plus critiqués, ce projet rejoint ceux de nombreux scientifiques à travers le monde qui se penchent sur la question des biocarburants de seconde génération, produits à partir de déchets alimentaires, de biomasse ou de cultures non alimentaires.
22 août 2007
Japon : un biocarburant à partir de baguettes
Le gouvernement japonais a annoncé son intention de recycler les baguettes en bois en biocarburant.
Le ministère de l’agriculture s'est fixé comme objectif de récupérer les quelques 25 milliards de baguettes jetables utilisées dans les restaurants et les supermarchés pour en extraire ensuite le bois (constitué de bambou à 90 %) et le transformer en bioéthanol. En effet, ce sont chaque année plus de 90 000 tonnes de bois qui finissent à la poubelle. Des containers seront mis en place par le gouvernement à la sortie des restaurants et des superettes pour récupérer les fameuses baguettes.
Brésil : inauguration de la plus grande usine de biocarburants au monde
Capable de produire 110 millions de litres de biocarburants par an à partir de graisse animale, la plus grande usine de biocarburants au monde a été inaugurée hier à Lins, au Brésil, en présence du président Lula da Silva.
L'usine, qui appartient au groupe Bertin, utilisera la graisse et les déchets issus de l'activité d'abbatage bovin du groupe pour produire des biocarburants, bien qu'elle ait également la capacité de produire du biodiesel à partir d'oléagineux tels que le soja.
Pour financer la construction du site, 42 millions de dollars ont été nécessaires, dont un tiers provenant de la BNDES, la banque nationale brésilienne pour le développement économique et social.
Début 2008, tout le diesel distribué au Brésil devra incorporer au minimum 2 % de biodiesel, alors que la nouvelle usine devrait permettre à elle-seule de répondre à 13 % de la demande du pays en biodiesel. Selon les calculs de Bertin, le Brésil aura besoin de 840 millions de litres de biodiesel par an pour satisfaire ce quota de 2 %.
Avec 30 ans d'expérience dans la production de biocarburants, notamment à partir de canne à sucre, le Brésil étudie aujourd'hui la possibilité de produire du biodiesel à partir de graines de soja, d'huile de ricin, de palme ou de tournesol.
Le Brésil et les Etats-Unis ont signé cette année un accord pour promouvoir ensemble la production et la consommation des biocarburants dans le monde. Le gouvernement de Lula a également signé de nombreux accords avec des pays d'Amérique Latine et d'Afrique, afin de leur offrir les technologies et formations nécessaires à la production d'éthanol et de biodiesel.
21 août 2007
Biocarburants : vers de nouvelles sources, écolos et éthiques
Les biocarburants tels qu'ils sont produits actuellement, ne sont pas forcément plus écologiques et éthiques que les carburants traditionnels. C'est pourquoi des scientifiques du monde entier étudient actuellement la possibilité de produire des carburants verts à partir de nouvelles sources renouvelables, respectueuses de l'environnement et dont l'utilisation n'aurait pas d'incidence sur le marché alimentaire.
Ce n'est un secret pour personne : les sources actuellement utilisées pour la production des biocarburants telles que le blé, le maïs, ou la canne à sucre, sont également cultivées pour le marché alimentaire. En revanche, on mentionne moins souvent que les cultures de biocarburant épuisent les terres et l’eau. Pour remédier à ce problème majeur, les scientifiques sont en train d'étudier de nouvelles sources d'énergie qui permettraient de préserver l'environnement tout en évitant la concurrence avec les cultures destinées à l'alimentation. S'il est quasi-certain que ces recherches aboutiront dans plusieurs decennies, les scientifiques pensent néanmoins que les nouveaux biocarburants pourront couvrir une grande part des besoins d’énergie du monde.
Parmi les plantes qui pourraient être utilisées pour produire des biocarburants figure le saule, une plante du nord utilisée pour faire des panier et des battes. On trouve aussi le chanvre, ou encore le Panicum Virgatum, une herbe courante issue des plaines d’Amérique du Nord.
Une nouvelle culture utilisée et déjà prometteuse est la jatropha, une plante tropicale oléagineuse qui peut être cultivée dans les terrains dépourvus de nutriments, et peut même introduire des nutriments dans le sol. Cette huile est déjà utilisée en Inde pour alimenter les voitures diesel et les turbines. En comparaison avec les biocarburants produits à partir de céréales, la jatropha a l'avantage de ne pas être une ressource utilisée dans la production alimentaire.
Claus Conzelmann, vice-président du groupe Nestlé pour la sécurité, la santé et l’environnement, a déclaré que les subventions appliquées aux cultures actuelles pour le biocarburant altéraient le marché et poussaient vers le haut les prix des cultures pour l’alimentation, et qu’une deuxième génération de biocarburants pourrait être la réponse à ce problème. Si déjà Nestlé, premier producteur alimentaire au monde, commence à appréhender les conséquences néfastes des biocarburants sur son marché, c'est que ce problème devient une réelle préoccupation dans le secteur de l'alimentation. Il ne serait donc pas étonnant de voir, dans les prochains mois, d'autres grandes compagnies se rallier à la cause du géant.
L’Institut International de la Gestion de l’Eau, qui a mené une étude mondiale sur l’eau pendant cinq ans, impliquant plus de 700 chercheurs, a découvert que si la Chine et l’Inde continuaient leur plans de biocarburants actuels, ces deux pays seraient confrontés à une pénurie d’eau d’ici 2030.
Source : Actualités News Environnement
Nouvelle version du site
Chers visiteurs, chers amis,
Après plusieurs semaines de réflexion, une nouvelle version du site, plus épurée, vient de voir le jour... Nous espérons qu'elle facilitera la lecture des articles ainsi que la navigation entre les différentes rubriques.
De nouvelles améliorations sont encore à venir...
Cordialement,
François Dreux
Administrateur du site
20 août 2007
Etats-Unis : les démocrates réduisent les avantages fiscaux des producteurs d'énergie
La loi sur l’énergie qui vient d'être adoptée au Congrès réduit de 15 milliards de dollars les avantages fiscaux accordés aux compagnies pétrolières. Ces sommes seront redistribuées en faveur des énergies renouvelables.
Après six années de politique républicaine évitant toute décision contraignante dans la lutte contre les émissions de CO2, les démocrates viennent d'imposer aux compagnies électriques de tout le pays de produire 15 % d’énergie renouvelable d’ici à 2020. Une vingtaine d’Etats avaient déjà pris des dispositions de ce type, au premier rang desquels la Californie. Cette première mesure au niveau fédéral devrait permettre de baisser les émissions américaines de 500 millions de tonnes.
Ce projet de loi prévoit également de diminuer les avantages fiscaux des producteurs d'énergie à hauteur de 15 milliards de dollars dans les dix prochaines années. L’argent ainsi économisé servira à financer les politiques de lutte contre le changement climatique, en prolongeant notamment au-delà de 2012 les réductions d’impôts accordées au solaire et à l’éolien (6,6 milliards de dollars). De même, les collectivités locales seront subventionnées à hauteur de 1,5 milliard de dollars si elles émettent des emprunts visant à investir dans des projets moins consommateurs d’hydrocarbures. La production de biocarburants sera aidée, de même que l’installation des pompes distribuant une essence contenant 85 % d’éthanol (450 millions de dollars). Pour les particuliers, des crédits bonifiés seront proposés pour l’amélioration de l’efficacité énergétique dans le secteur de l’habitat neuf et ancien (903 millions de dollars).
Pour être appliqué sur le terrain, ce catalogue de mesures devra encore passer l’obstacle de l’opposition farouche du président Bush et être coordonné avec le texte adopté en juin dernier par le Sénat. A cette époque, les sénateurs avaient refusé de voter une réduction des avantages fiscaux des compagnies pétrolières de 34 milliards de dollars. En revanche, ils avaient fixé des objectifs de performance aux constructeurs automobiles d’ici à 2020.
Source : Les Echos
Les biocarburants présentent un bilan écologique médiocre
L'utilisation des biocarburants ne permet pas toujours de limiter les émissions de gaz à effet de serre, et il serait plus efficace de conserver les milieux naturels en bon état, selon les conclusions d'une étude parue dans la revue "Science" et approuvée par la World Land Trust, une organisation de conservation des écosystèmes.
Le plus souvent, le bilan écologique des biocarburants d'origine agricole est critiqué sur la base de la comparaison entre l'énergie dépensée pour les produire et celle qu'ils fournissent. Le solde est généralement assez médiocre, voire négatif. En revanche, l'étude publiée dans "Science" a été élaborée différemment : il s'agissait de comparer les émissions de gaz carbonique économisées par les cultures d'agrocarburants et celles évitées par d'autres usages du sol.
Ainsi, la culture du blé pour faire de l'éthanol permet d'éviter, par la substitution au pétrole, entre 0,2 et 0,6 tonne de gaz carbonique par hectare et par an. En revanche, la conversion, aux Etats-Unis, de cultures en forêts de pins permet (par la croissance des arbres) d'économiser 3,2 tonnes de gaz carbonique par hectare et par an. Mieux vaudrait donc faire pousser des arbres que cultiver des céréales destinées à faire rouler des automobiles.
De son côté, la canne à sucre possède le meilleur rendement des agrocarburants existants : près de 2 t/ha d'émissions évitées. Mais c'est beaucoup moins que ce que permettrait d'économiser la transformation de cultures en forêt tropicale (entre 4 et 8 t/ha), et désastreux si la canne à sucre se développe par la déforestation (qui "coûte" près de 200 t/ha par an d'émissions).
Au final, constatent les chercheurs, si les responsables politiques veulent privilégier le bilan écologique, "ils seraient mieux avisés de se concentrer sur l'amélioration de l'efficacité énergétique des combustibles fossiles, de conserver les forêts et les savanes, et de restaurer les forêts naturelles et les prairies sur celles des terres qui ne sont pas nécessaires pour l'alimentation". Cette démarche présenterait de surcroît des avantages en matière de biodiversité et de santé des écosystèmes.
Source : Le Monde (17/08/2007)
















