08 janvier 2007
Le bioéthanol ne sera pas taxé !
Le grouvernement a pris la décision que l'E85, constitué de 85% d'éthanol et de 15% de sans plomb, ne serait pas taxé. En fait, seuls les 15% d'essence contenus dans le bioéthanol seront soumis à la taxe, mais le taux de celle-ci sera moins élevé que pour les autres carburants. Le prix a la pompe de l'E85 devrait donc être, comme prévu, de 80 cents/litre.
Source : Caradisiac
Biocarburants : Premières conclusions sur l'avenir de l'essence verte
La planète devra prochainement faire face à la pénurie annoncée des carburants non renouvelables. 80% de la consommation énergétique mondiale dépend des énergies non renouvelables et polluantes. En effet, même si les spécialistes considèrent qu’il n’y aucune solution miracle disponible et que les carburants nés des hydrocarbures organiques resteront la composante majoritaire des énergies de demain, une alternative viable prend son essor.
En effet, les biocarburants d’origine végétale représentent à l’heure actuelle la seule solution crédible (mais certainement pas miraculeuse) aux problèmes annoncés de pénurie et de réchauffement de la terre. Donc même si le pétrole subsistera, il faudra compter avec les énergies renouvelables.
Ces biocarburants d’origine végétale sont incorporés aux carburants déjà existants pour permettre la réduction des gaz à effet de serre et de CO2. Le bioéthanol, composant propre de l’essence, permet de réduire de 30 à 50% les émissions de polluants et le biodiesel, composant propre du diesel, permet de réduire de 70% les émissions.
Il ne faut cependant pas croire que ces carburants propres soient totalement propres. Leur production nécessite une culture intensive et donc une quantité massive de polluants que sont les pesticides et engrais, ainsi qu'une consommation d'énergie à base de pétrole pour le fonctionnement des machines. De plus, ces carburants verts impliquent une consommation 30% supérieure à celle des carburants classiques.
En France
Notre pays reste encore très en retard sur la question. Même si beaucoup d’annonces ont été faites ces derniers temps, il faudra très prochainement accélérer la marche si la France veut rester dans la course.
D’ailleurs, le groupe parapétrolier français TECNIP construit actuellement deux unités sur notre territoire pour la production de bioéthanol et de biodiesel alors que le sucrier français TEREOS augmente ses investissements sur les plantations de canne à sucre (composante essentielle du bioéthanol) répondant ainsi à l’explosion des demandes américaines et allemandes.
La FNSEA et le syndicat des jeunes agriculteurs français se sont engagés par charte fin 2006 à consacrer plus de terres pour la production d’énergies renouvelables afin de pérenniser la filière et compléter les plans déjà établis d’incorporation de biocarburants. Aujourd’hui, en France, 700 000 ha y sont consacrés et l’on prévoit de passer à 2 millions d’ha dont 80% pour la production de colza.
A l’étranger
La technologie Flexfuel, déjà adoptée en Suède, aux Etats-Unis et au Brésil, devrait faire réfléchir les Français. Représentant un coût d’à peine 100€/véhicule pour les constructeurs automobiles, elle permet aux voitures de combiner énergie renouvelables et carburants traditionnels. Ceci permettrait de réduire sensiblement à l’échelle de la planète les rejets de gaz à effet de serre.
Ainsi, plusieurs pays ont pris l’initiative d’incorporer des énergies renouvelables aux pompes, prenant réellement conscience du danger que court la planète. L’Inde, qui incorpore déjà 5% de carburants propres, s’engage à en introduire 10% d'ici juin 2007. De son côté, Lula à décrété en novembre dernier qu'au Brésil l’essence devra contenir 2% de bioéthanol à compter de janvier 2008, à l'occasion de l’inauguration d’une unité de production de biodiesel et de bioéthanol. Notons au passage que l'essence consommée au Brésil contient déjà 22% d'éthanol.
Quant à l’Allemagne, on estime que dès à présent, 20% de ses besoins pourraient déjà être comblés par les biocarburants et que ce chiffre sera porté en 2030 à 35%. Ce pays développe le BtL (Biomass to Liquid), carburant de deuxième génération très prometteur pouvant être produit à une échelle mondiale et dont le prix s'élève à moins de 80 cents d'euros/litre.
Analyse et conclusions
Nous avons pu voir au travers des différents articles, événements et décisions politiques que la question de l’avenir de l'énergie est à la fois cruciale et mondiale. En effet, nous devons actuellement faire face à deux principaux problèmes :
d'une part, la pénurie prévisible des hydrocarbures et donc la fin de l’énergie pas chère
d'autre part, conséquence incontournable des rejets des énergies non renouvelables, le réchauffement de la planète.
Face à ces deux problèmes, notre groupe estime que la France doit prendre des décisions bien plus sérieuses que celles annoncées récemment, avec notamment l'obligation pour les constructeurs automobiles de concevoir des véhicules hybrides, une défiscalisation accrue pour les fabricants et consommateurs d'énergies renouvelables, des sanctions lourdes adressées aux entreprises et particuliers dépassant un seuil donné de rejets énergétiques polluants... Même si 2007 devrait marquer un tournant dans la préoccupation du gouvernement sur ces problèmes, ce dernier s'est contenté, jusqu’ici, de prendre des décisions politiques sans qu'aucune mesure radicale ne soit mise en place. Il semble, par ailleurs, évident que les biocarburants de première génération soient loin d’être la solution miracle. En effet, ils ne représentent aujourd’hui qu'une alternative, c’est-à-dire une des possibilités envisageables à court terme pour atténuer les effets d’une double catastrophe annoncée.
En revanche, si l’Etat n’a pas pris de réelles mesures incitatives, ce sont les acteurs de notre économie - les industriels et, dans une moindre mesure, les constructeurs automobiles - qui d’eux-mêmes ont engagé le processus. Ils investissent, s’engagent, développent des techniques pour rattraper notre retard et profiter aussi de la formidable manne que peut représenter le marché des biocarburants. Rester plus longtemps aussi amorphe sur la question en matière de législation et d’engagement politique risque de constituer un handicap pour ces acteurs. Ceci relance bien évidemment le débat sur la crise de l’Etat providence en France, dont le rôle principal doit être de faire avancer le pays. Doit-on alors laisser plus de place aux groupes de pressions et aux thinks tanks dirigés par les acteurs économiques pour faire avancer la question en France ?
Par Amine Mebrouki et François Dreux, de l'équipe du blog (8/01/2007)
















